Raha mbola misy blaogy azonao atoraka hamoahana feeling…nahoana no tsy izany no handanianao ny alin’ny ririnina !
Jul
02
By: ikalamako | Discussion (2)

Les photos de Kamba mise en ligne par Diana dans son blog hier nous a ramené à la réalité malgré le monde virtuel où nous navigons.

Et comme il y a toujours les sages, les doyens qui portent parole, je me permets de nouveau de me tenir à côté de Jean et Bako qui ont toujours su trouver les mots pour remercier du fond de notre coeur.

Vous avez offert à Georgine, la maman de Kamba, l’espoir de voir son fils grandir comme un enfant normal ; vous lui avez témoigné amitié et affection avec votre geste de solidarité ; vous avez mis votre confiance en cette solidarité qui nous a permis d’accomplir notre devoir d’aider avec amour.

Ainsi Jean et Bako, au nom de la petite famille de Kamba vous envoient ce message plein de gratitude :

Bonnes nouvelles à tous les bons Samaritains,

Vous avez contribué à la levée de fonds par Bako (mon épouse) et moi-même lors du demi-marathon d’Ottawa le 28 mai 2008 ainsi qu’aux autres efforts apportés par Foko Blog Club (Montréal, Canada), Heli’s Madagascar (Paris, France) et par d’autres personnes à titre individuel (Rondro en Italie) pour un bébé né à Madagascar avec des problèmes congénitaux importants connus sous le nom de Méningocèle (un défaut à la naissance au niveau des os de l’épine dorsale qui implique le gonflement du tissu couvrant la moelle épinière et le cerveau) et Myeloméningocèle (un défaut à la naissance dans lequel l’épine dorsale et le canal spinal ne se ferment pas avant la naissance).

Vos dons ont contribué au succès de la chirurgie qui a été finalement pratiquée sur le bébé par l’équipe de chirurgiens des Services de neuro-chirurgie de l’hôpital HJRA d’Antananarivo, dirigée par le professeur Clément Andriamamonjy, le vendredi passé.

Nous avons compris que c’est un type de malformation osseuse (spina bifida) dont la moëlle épinière s’est développée normalement mais les meninges ont dépassé l’ouverture spinale. La chirurgie pratiquée sur le bébé de 12 mois de bébé consistait à mettre la moëlle épinière ou les nerfs à leur position normale et les protéger en fermant les meninges et la peau sus-jacents. Normalement, un méningocèle et un myeloméningocèle devraient être fermés dans un délai de 24 heures après la naissance pour empêcher l’infection mais ce n’était pas possible en raison du manque de moyens de la mère célibataire. Le bébé a eu du liquide qui s’est agglutiné dans le cerveau pendant 12 mois causant l’hydrocephalus («l’eau dans le cerveau»). Ainsi, un tuyau qui évacue le fluide supplémentaire du cerveau vers l’abdomen avait été inséré environ 10 jours avant la correction vendredi passé par la chirurgie du défaut à la naissance causé par le méningocèle et le myeloméningocèle.

Le bébé se porte très bien et a maintenant entièrement récupéré de la chirurgie de vendredi passé. Cependant il restera à l’hôpital pendant encore 10 jours pour les suivis requis.

Georgina, la mère, et sa famille nous ont demandé de remercier chaudement en leur nom tous les donateurs. Il a été spécifiquement mentionné que vous avez aider à l’accomplissement d’un miracle pour ce bébé dont les chances de survie étaient très minces sans vos dons.

Vos dons ont atteint un montant total de 1 344 dollars canadiens avec les autres efforts apportés par Foko Blog Club (Montréal, Canada), Heli’s Madagascar (Paris, France) et par d’autres personnes à titre individuel (Rondro en Italie) et nous ont permis de répondre aux besoins suivants :

* Transport de l’endroit de résidence de la famille situé à environ 600 kms de l’hôpital. Le bébé, la mère et les autres membres de la famille qui les accompagnaient ont dû voyager pendant 14 heures en voiture.
* Étape de pré-chirurgie dont le test par résonance magnétique qui a permis un diagnostic approprié sur l’ampleur du méningocèle et myeloméningocèle du bébé.
* Logement et pension à l’hôpital pour la famille.
* Médicaments avant et après la chirurgie pour le bébé.
* Chirurgie pour placer le tuyau évacuant le fluide supplémentaire du cerveau du bébé (le 10 juin).
* Chirurgie pour corriger le défaut à la naissance au niveau des os de l’épine dorsale qui a provoqué le gonflement du tissu couvrant la moëlle épinière et le cerveau ainsi que pour corriger l’épine dorsale et le canal spinal qui ne se sont pas fermés avant naissance (le 27 juin).
* Transport de retour de la famille vers l’endroit de résidence de la famille situé à environ 600 kms de l’hôpital prévu pour le 11 juillet.


Un million de mercis.
Vous avez aidé à ce qu’un miracle se produise.
Jean et Bako (au nom de la mère et de sa famille)




Jun
27
By: ikalamako | Discussion (1)

Eh oui…
après la première étape qui était de faire venir Kamba et la petite famille à Antananarivo,
nous y voilà à la deuxième, celle de l’opération : qui s’est fait en deux tronçons aussi - la première pour de drainage (correction de l’hydrocéphalie), et cette deuxième pour résoudre le vrai problème.
Après des jours de valses entre “procéder à l’opération” et “reporter l’opération”, pour un problème ou un autre, le mail de Diana qui tombait dans nos boites aux lettres cet après-midi nous a tous mis dans un pénible état (jogany avait la diarrhée, moi avec le coeur qui battait à 200/h).
Et il y a 2 heures de cela (23h sur Mada), j’ai donc réussi à parler avec ma soeur qui monte la garde à la réanimation avec la soeur de la maman de Kamba, qui nous a donné la grande bonne nouvelle avec cette phrase : “Kamba a retrouvé sa “beau-gossité”.
La journée a été longue, car depuis 8h30 du matin qu’il est rentré dans la chambre d’attente du bloc opératoire, le temps de le préparer avec les tubes et autres ; il y était resté avec ma soeur jusqu’à midi, le moment où le professeur Clément Andriamamonjy et son équipe ont commencé le premier coup de bistouri. Et ils en ont fini seulement à 20h.
A l’heure où j’ai appelé, il est déja réveillé le coco, se plaint donc bon signe.
Je ne pouvais retenir une petite larme après ma conversation avec ma soeur. Décompression oblige…
Je ne sais comment remercier vous tous et vous toutes qui y avez cru et soutenu cette cause.
Notre devoir ne s’arrête pas là, car la troisième étape sera la phase post-opératoire.
Souhaitons prompt rétablissement à notre héros et que l’après opération sera sans complication.
Merci merci merci.



Jun
16
By: ikalamako | Discussion (1)

par Jean Razafindambo :

J’ai toujours été de nature rêveur et les cours classiques que m’ont
prodigués les profs du Bahut dans le temps n’ont fait qu’empirer les
choses. Surtout que la fenêtre sur le monde que représentait alors et
représente toujours pour moi la langue française m’a donné un outil
qui m’a permis de rêver encore plus car je pouvais alors et je peux
encore le faire dans deux langues bien distinctes : la mienne et
celle de mon éducation. Les matières scientifiques ne m’ont intéressé
que dans la mesure où elles rejoignent cette âme rêveuse que j’avais
jeune garçon et que j’ai toujours adulte devenu récemment grand père
(délinquant il va sans dire) et ne croyant que ce qu’on peut remettre
en question sans avoir jamais voulu rien détruire. Difficile pari
s’il en est mais n’est-ce pas le prix à payer quant on a toujours
voulu vivre loin des certitudes béates des idées reçues et des
comportements normalisés? Dans le Madagascar qui se façonnait vers la
fin des années 60 et au début des années 70 je me sentais marginal
avec mon approche qui ne seyait dans aucun moule de la rectitude
politique. Et même en ces jours des communications virtuelles où le
monde change très rapidement, je me sens encore assez marginal par
rapport aux grilles de lecture fortement utilisées dans le monde du
pouvoir politique et de l’influence sociale à Madagascar qui n’ont
changé que très peu au cours des 30 dernières années. Par contre, il
me semble que je me sens de moins en moins isolé et marginalisé car,
s’il est vrai que beaucoup de ceux et celles qui rêvaient comme moi
dans le temps ont rallié il y a bien longtemps les rives tranquilles
sans nécessairement être paisibles de la rectitude politique,
nombreux sont encore ceux et celles qui ne croient que ce qu’on peut
remettre en question sans avoir jamais voulu rien détruire. Je viens
d’en avoir la preuve flagrante avec les coups de cœur de nombreux
individus autour d’un enfant né avec une malformation congénitale
grave et dont la mère monoparentale vivant dans un des quartiers le
plus populaire de Majunga pouvait difficilement compter sur les
services publics pour sauver l’enfant. Les coups de cœur qui ont
commencé par celui de cette étudiante en journalisme aidée par une
personne d’expérience de Majunga ont permis sans tambour ni trompette
à évacuer la mère, l’enfant, sa sœur jumelle et la soeur de la mère
en renfort à un hôpital de la Capitale. Merci de tout cœur à ceux et
celles qui n’ont jamais cessé de croire et de rêver et qui ont et
feront toujours tout pour que la flamme ne s’éteigne pas. Aux
dernières nouvelles, l’enfant, entouré de sa petite famille et de
généreuses âmes bien de Madagascar, va bien, a eu une première
intervention chirurgicale pour corriger son problème
d’hydroencéphalie et se fera opérer demain par un collège de
chirurgiens locaux.

Des gens ont pris une décision, celle d’aimer l’autre. C’est d’autant
plus louable qu’ils l’ont fait avec leurs coeurs.

Merci aussi à ceux et celles qui ont beaucoup fait avec très peu.
Merci aux âmes généreuses que je n’ai pas besoin de nommer ici car
elles savent qui elles sont.

À la prochaine.

Jean Razafindambo
Ottawa, Canada



Jun
11
By: ikalamako | Discussion (0)

By jogany • Jun 11th, 2008 •

Au lendemain de l’opération de Kamba et de l’annonce de son bilan positif par Pr Clément, je vous invite à poursuivre intensément d’abord les prières pour la suite des soins médicaux de Kamba, pour l’équipe médicale exceptionnelle de Befelatanana, pour les proches de la famille qui sont aux petits soins (Max, Mavo, Liza, etc.) et pour la famille elle-même qui appréhende la suite mais comme Diana nous l’a montré, garde la dignité.

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Diana et Kamba avant le départ pour Antananarivo

La semaine qui va suivre et celles d’après exigeront de nous le même comportement soutenu et je sais que de plus en plus vont se joindre à notre famille. Et pourtant, assurément, nous allons encore vivre des émotions mal contrôlées (moi la première) et des réactions mal mesurées aussi bien que des passagers moments de joie et de réconfort. J’en appelle tout d’abord à Diana, de ne pas baisser les bras dans son spectaculaire boulot de protectrice, de supportrice et de reporter. Je sais que tu en vois des vertes et des pas mûres tous les jours même que tu prends en charge des responsabilités que toute jeune de ton âge n’aurait idée d’assumer. Continue à nous relater la réalité, ne te relâche pas car il s’agit aussi pour toi d’un moyen pour échapper à la pression et t’ouvrir à des amis qui t’écouteront. Ta force doit s’exprimer autrement que par l’épuisement physique, garde ton énergie pour aider la maman de Kamba et met à profit ton temps et ta débrouillardise en poursuivant les mises à jour de ton blog, en misant sur les personnes-clés pour recevoir de l’aide (tu en es très très capable je le sais) et en apprenant des autres pour te construire et te former, et nous faire savoir comment t’aider à aider la famille de Kamba même après l’opération.

À toutes les personnes autour de Georgine, merci. D’être là pour ceux qui ne peuvent pas y être. pour eux. Nos coups de fils ne résoudront pas les problèmes d’hygiène contraignantes ou n’apporteront pas le kapoka de riz pour les bébés et nous le savons. Beaucoup sont passés à l’hôpital déjà pour exprimer leur sympathie et pour aider un peu. D’autres ont transmis à leurs amis leurs soucis, mais vous aviez été ceux qui ont su agir dans l’humilité et la dédication. Sachez que dans les moments les plus difficiles, vous ne serez jamais seuls à endurer l’angoisse tandis que nous serons toujours plusieurs à trouver des solutions. Nous ne connaissons pas, sans doute ne nous verrons-nous jamais, mais un seul appel du coeur et vous je sais que vous serez tous là.

Personnellement, et je vous l’avoue franchement, je suis tétanisée et cette situation de vulnérabilité du bébé provoque en moi pire qu’une prise de conscience que nous en avons déjà beaucoup fait mais qu’il reste encore beaucoup à faire et…..nous ne sommes pas ceux qui avons été les plus courageux, ni les plus costauds. Tout ce que nous avons démontré, comme Jean nous le répète sans cesse c’est que : ” tout est possible lorsque l’on est unis”, je dirais même plus lorsque l’on est respectueux, convaincu qu’autrui est capable du bien et que dans toute entreprise humaine : que le meilleur reste à venir. Mais le bébé Kamba seul est celui qui nous apprend le plus sur la force de vivre et de l’amour.

It takes a child to raise a village !

http://dianachamia.wordpress.com/

http://www.flickr.com/photos/foko_madagascar/2560702635/



May
20
By: ikalamako | Discussion (0)

Plusieurs d’entre nous ont sûrement lu ou entendu sur le net et dans le monde du blog parler de l’histoire de Kamba, le bébé majungais de 1 an né avec une malformation.

C’était Diana Chamia , bloggueuse du FOKO -Majunga qui a publié cette histoire dans son blog au mois d’avril, quand elle a lancé un appel : « aidez-moi à les aider », ayant promis à la maman de Kamba qu’elle fera tout le possible trouver une solution pour le bébé.

Depuis, plusieurs amis du net se sont mis à échanger d’opinions, d’impressions, discuter de toutes les possibilités d’action ; et les détails de l’évolution est archivé dans Malagasy-Miray :

http://malagasymiray.net/2008/05/02/help-diana-help-them-bloggers-committe-on-the-way/

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à gauche Kamba en avril et à droite Kamba et Stéphane de FOKO en fin juin.

Aujourd’hui est arrivé le moment où un appel à la solidarité est lancé pour soutenir la famille, car un médecin chirurgien à Majunga a gentiment accepté de prendre en main le cas, mais par manque d’équipement, la petite famille doit être acheminée vers la capitale pour les scanners, afin de voir de près la nature du problème. Ce qui necessite déjà notre premier aide financier, qu’on avait calculé autour de 500 euros entre frais médicaux, scanners et dépenses journalières de la petite famille, vu que Kamba a une sœur jumelle (Dieu merci ! elle est en bonne santé) et une autre grande sœur.

Et bien sur, nous vous ferons savoir les prochaines démarches, la plus importante après ces premières visites.

Pour cela, un compte paypal a été ouvert par l’association FOKO. Pour plus ample information et pour votre contribution, veuillez visiter la page de www.zaza-vavy.org/kamba

Nous vous remercions déjà pour tout votre soutien à cette petite famille et surtout pour le bébé.

Merci mille fois, que Dieu vous rende au centuple ce que vous leur offriez. Merci, merci.

 

 

N.B : Et s’il vous arrive d’être à Ottawa ou dans les alentours, ou si vos périples vous y emmènent le jour du 25 mai prochain, rejoignez Jogany/joan, la pipelette de FOKO qui se fera sûrement remarquée en train d’encourager Jean et Bako Razafindambo, qui vont courir le “Half-Marathon of Ottawa” justement pour soutenir cette noble cause de Kamba.

Jean et Bako : Go Go Gooooo !

 



May
07
By: ikalamako | Discussion (16)

Jeunesse, adieu ! Car j’ ai beau faire,
j’ ai beau t’ étreindre et te presser,
j’ ai beau gémir et t’ embrasser,
nous fuyons en pays contraire.
Ton souffle tiède est si charmant !
On est si beau sous ta couronne !
Tiens ! Ce baiser que je te donne,
laisse-le durer un moment.
Ce long baiser, douce chérie,
si c’ est notre adieu sans retour,
ne le romps pas jusqu’ au détour
de cette haie encor fleurie !
Si j’ ai mal porté tes couleurs,
ce n’ est pas ma faute, ô jeunesse !
Le vent glacé de la tristesse
hâte bien la chute des fleurs !

    Marceline DESBORDES-VALMORE



May
04
By: ikalamako | Discussion (4)

Ramilison Fenoarivo sy ny talentany amin’ny hira gasy sy ny hatsikana  :

“Radona sy ikalamaria”



Apr
23
By: ikalamako | Discussion (6)

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(Cliquez sur les images pour agrandir.)



Apr
18
By: ikalamako | Discussion (4)

“The stranger song” de Léonard Cohen
“L’étranger” de Graeme Allwright
“Mpivahiny” de Lolo sy ny tariny

 



Apr
15
By: ikalamako | Discussion (6)
    FASANA FAHAROA

    Ilay fasako, fasako ihany,
    fa ny foko dia fasana koa!
    Io no fasako ivelan’ny tany,
    io no fasako iray faharoa!

    Tsy mba vero na mba rangolahy
    no manafina an’io fasana io-
    fa nofoko zary manahy
    no mandrakotra omaly sy anio.

    Sentosentoko mamelovelo,
    ranomaso, toloko tsy tana-
    Izy ireny no sarin’avelo,
    mitampody ka sarotra ialana!

    Ao ny nofy novolavolaina,
    izay nisinda nalaky, tsy hita!
    Ao no rendrika ilay nantenaina,
    ilay sambo nataoko ho tafita!

    Ao ny tsantan’ny andro taloha
    sy ny hiran’ny fahazazako
    no milevina ka tsy mifoha,
    na miverina mba hitondra ako!

    Ao ny zava-drehetra voakasa,
    saingy simba, ka very tadidy!
    Ao ny taolan’ny androko lasa,
    sy ny ora tsy masi-mandidy!

    Ao ny nofo nikipaka mora,
    ao ny maty daholo daholo!
    Ao malazo na mbola tanora,
    ka mianjera tsy mana-mpisolo!

    Ilay fasako, fasako ihany,
    fa ny foko dia fasana koa!
    Io no fasako ivelan’ny tany,
    io no fasako iray faharoa!

    Jean-Joseph Rabearivelo
    (Amboara voafantina, takila 85-86)

rabe1.jpgLe 22 juin 1937, disparaissait à l’âge de 36 ans, Joseph Casimir Rabe ou Jean-Joseph Rabearivelo. Issu de la caste noble des Zanadralambo d’Ambatofotsy, il s’est distingué par la précocité de son talent littéraire et sa parfaite maîtrise de la langue de Molière.

“A l’âge de Guérin, à l’âge de Deubel,
un peu plus vieux que toi, Rimbaud anté-néant,
parce que cette vie est pour nous trop rebelle
et parce que l’abeille a tari tout pollen,
ne plus rien disputer et ne plus rien attendre,
et, couché sur le sable ou la pierre, sous l’herbe,
fixer un regard tendre sur tout ce qui deviendra
quelques jours des gerbes”
.

Jean-Joseph Rabearivelo, dans ce dernier poème en guise d’adieu à sa famille et ses amis, méditait sereinement sur sa mort volontaire. Son journal intime révélera les détails de son suicide.

Il entama son départ vers l’au-delà dans l’après-midi du 22 juin en ayant pris soin d’éloigner de la maison sa famille.

“14h moins 9 de mon horloge, je prends quatorze pilules de 0,25 de quinine pour avoir la tête bien lourde. Un verre d’eau pour l’avaler”. Tiré à quatre épingles, en smoking et en chemise de cérémonie, il commence à rédiger ses dernières volontés. Entre autres, que la colonie édite ses “Vieilles Chansons des pays d’Imerina”.

Puis rédige des lettres pour ses amis, en particulier Robert Boudry et à Jacques Rabemananjara. A ce dernier, il écrivit “Je te fais légataire testamentaire de mes oeuvres. Je te passe le flambeau, tiens le bien haut. Tu me reprocheras cette mort, mais le Galiléen, lui aussi, a choisi un genre de suicide”.

“14h 37. L’effet de la quinine commence. Bientôt, dans un verre, un peu sucré, plus de dix grammes de cyanure de potassium… Toute ma pensée entoure tendrement les miens… Je lis. Mary, aie un métier, le plus difficile te servirait encore le mieux. Apprends et saches bien tailler et coudre pour les femmes. Bientôt t’arrivera le livre-prospectus de l’Ecole de couture. Inscris-toi pour des cours complets.”

“15h moins 9, ça sonne, ça sonne,… Fermer les yeux pour voir Voahangy et commencer les adieux silencieux aux chers vivants. J’embrasse l’album familial… j’envoie un baiser aux livres de Baudelaire que j’ai dans l’autre chambre.”

“15h 02, je vais boire, c’est bu,… Mary. Enfants. A vous mes pensées, les dernières,… j’avale un peu de sucre. Je suffoque. Je vais m’étendre…”

L’effet foudroyant de la cyanure ne tarde pas à réagir. Acta est fabula! (la pièce est jouée). Suit un mot informe, inachevé quelque chose comme bonsoir, ou une signature.

Le lendemain, à l’aube, à la découverte de son corps, sa famille entière s’effondra. Très vite, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et mit la capitale en émoi. “Comment a-t-il pu en arriver là?” se demande-t-on ici et là. En réalité, bien avant ce suicide, Rabearivelo a connu au cours de ses dernières années une vie très agitée.