Acrostiche : Poème fondé sur une figure de style consistant en ce que les initiales de chaques vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot ou une expression se rapportant au sujet du poème.
Et ainsi, à mon grand étonnement, en lisant ce poème j’ai découvert le nom de ma grand-mère, fervente patriote, compagne de lutte et de prison de Jacques Rabemananjara, et à qui il a dédiée ainsi une de ses œuvres :

A Esther Ravoahangy, à la patriote inébranlable, à l’Amie très chère et Unique, à celle dont le sang est le frère intime de mon sang. Avec toute ma tendresse….Paris le 15 octobre 1956.
Espoir ! Ô noble élan du coeur vers la félicité !
Sur quelle plage d’or irons-nous jeter l’ancre au terme de l’Epreuve ?
Tout encore éblouis des visions du large et des remous du firmament,
hisserons-nous la grande voile au mitan du bonheur ? Les âmes délivrées
entonneront avec orgueil l’hymne de l’aventure et des claires ivresses.
Rêve ou simple souhait ! J’ignore mais déjà brille l’étoile du matin.
Rameur habile du destin, je réglerai la marche épique de mon boutre
au gré des houles soudain célébreront la gloire incomparable de la baie.
Venus de quelles profondeurs les souffles brûlants du Tropique
ordonneront leur rythme aux jeux lyriques des élus !
Amazone de la ferveur, toi, tu m’entraineras dans un abîme de vertige.
Hâtez-vous ! Hâtez-vous de sonner, heures divines des délices !
appels des sens et cris de l’âme en quête du délire ultime de l’étreinte !
Naufrage, O volupté, dans les eaux rouges de la passe où la tempête éclate en nébuleuses !
Gémiront tour à tour, sous la charge de l’ouragan la coque de la nef et l’aviron d’acier :
y puissé-je à loisir, suavement, amie, éffeuiller sur ton sein les lentes fleurs de l’Orchidée !
Je sais que nul présent n’en revêt l’excellence aux yeux de l’héroïne.
Aucune perle, aucun bijoux : la sœur jumelle des sylphides
choisira l’humble offrande où chante la vertu magique des buissons.
Quand donc, O golfe d’ombre, à l’abri du retour offensif des moussons,
Unirai-je en mes mains le double promontoire qui proclame ta grâce !
Enroulés dans les plis royaux de ma bannière, ensemble nous verrons
s‘étendre au sol, dieux apaisés, les princes turbulents des fols désirs incontenus…
Jacques RABEMANANJARA
Maison de Force de Nosy Lava
12 mars 1950
In-“Antidote”