Raha mbola misy blaogy azonao atoraka hamoahana feeling…nahoana no tsy izany no handanianao ny alin'ny ririnina !
Jun
03
ikalamako (2012)

Y a quelques jours sur Facebook, ma copine Aviva lançait ce sujet:  “Inspiré de la fête à venir et du post de Erika au sujet de tout ce que fait une mère…Mais les filles, quels sont vos rapports avec Elle, la vôtre ? Votre mère est elle forte, absente, envahissante, exemplaire, sacrificielle, victime, soumise, courage, défaillante. Votre fille, à sa place , racontez moi…y a pas de tabous ici, non ? …:)

 

Et du coup, je me suis vu débiter que ma mère est ce qu’on appelle “masiaka be ronono”, métaphore de la vache méchante – dans le sens de sévère – mais qui a plein de lait à donner. Une très bonne mère elle était dans son rôle de mère – mère-et-père en même temps quand elle a eu le courage de larguer son mari qui n’a jamais été là, et là-dessus je l’estime beaucoup et ne saurai jamais la remercier assez…

Mais quand tu es celle du milieu, tu n’es jamais aussi brave comme ta soeur aînée ni meilleure de la benjamine, et qu’on ne peut pas te mettre au niveau de tes frères car les garçons sont les garçons…alors là tu as du mal à instaurer une relation bien forte avec elle.
Heureusement elle m’a toujours fait “assistée” par un chat – le chat qu’elle aurait voulu “avoir” aussi sûrement, car elle en avait toujours eu un dans son enfance – mais qu’avec 4 gosses elle n’avait plus le temps de s’en occuper… Et ainsi, je donnais à Boulemiche, et l’autre Boulemiche, et à mon gros Grisou ce que je devrais donner à la famille : câlins, confiance, confidence, …

Et donc donc donc, inconsciemment tu essaies de tout récupérer avec ta fille, d’être une maman-copine surtout, et non cette maman qui fait peur par devoir, même si tu sens qu’elle t’aime.

Je l’aime bien ma maman, mais ce qu’on a vécu ensemble ne suffisait peut-être pas pour nous rapprocher comme il faut. Et quand j’étais à son chevet en 2003 pour un mois, sachant que c’est le seul médicament, j’aurais tant voulu passer mes 8 heures de garde-malade à l’hôpital à se raconter quelquechose de spécial ; j’avais toujours la sensation qu’il y avait des choses non-dites dans notre vécu et j’aurais donner n’importe quoi pour qu’elle vidât le sac une bonne fois pour toutes. Mais il se peut qu’elle n’avait rien à me dire non plus. Il se peut que j’étais tout simplement le mouton noir de la famille de par mon caractère, et non parce que quelquechose en a fait de moi ainsi.

Et au terme des 30 jours que mon billet d’avion m’a accordé, j’avais eu du mal à lui dire bye bye autrement que comme si j’allais juste rentrer à la maison et revenir le lendemain pour la garde. Bizzarement je n’avais ni larme ni serrement au coeur alors que je savais que c’était un adieu, trois heures avant que je m’embarquais dans l’avion qui me ramenait à Rome.

Et ainsi elle m’a marqué le dernier coup: elle s’en allait pour de bon quand notre avion (à Mialy et moi) survolait quelquepart au-dessus du Betsiboka…ironiquement.

Maintenant, maman à mon tour, malgré des années de réticence à devenir épouse et maman, je ne peux pas m’empêcher de penser à elle douce-amèrement, quand ma fille me fait autant de ces câlins que j’ai jamais fait à la mienne…

Que c’est bien dommage de ne pas avoir pu faire ça…
Que c’est bien dommage de ne pas avoir eu le courage de lui dire, les yeux dans les yeux : je t’aime maman…

Mais bon, c’était peut-être un autre temps, une autre génération. Après tout on ne peut pas revenir en arrière… Qui sait que dirait de moi ma fille, d’ici quelques années !!!

 

Et en fait, dégueuler ainsi, ce jour-là dans ce groupe, m’a fait du grand bien… comme elle disait Aviva, ici, pas de tabou…

 



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